L’écologie de la vie psychique chez les adolescents traumatisés : une écoute élargie aux environnements humains et non humains

Desveaux, J.-B. (2022). L’écologie de la vie psychique chez les adolescents traumatisés : une écoute élargie aux environnements humains et non humains. Le Divan familial, 49, 145-157. https://doi.org/10.3917/difa.049.0145

Résumé

Les situations cliniques rencontrées en institution sociale ou médicosociale confrontent le praticien à des situations de souffrance psychosociale complexes, imposant la prise en compte de l’environnement dans sa globalité. Élargissant ses paradigmes soignants, l’auteur propose de considérer l’écologie psychique globale du sujet afin de permettre une écoute des liens inter et transsubjectifs pour compléter l’analyse des processus intrapsychiques. À partir de deux situations cliniques, l’auteur évoque l’intérêt de la prise en compte de l’environnement de vie, révélateur des conditions d’émergence de la subjectivité chez des adolescents confrontés à des traumatismes familiaux et des carences éducatives graves.

Extrait de l’article

Si ce que j’avance là est vrai, l’étude de la relation sera un exercice beaucoup plus facile pour l’analyste que celui de l’usage ; on peut en effet voir dans la relation un phénomène du sujet et la psychanalyse aime toujours être à même d’éliminer tous les facteurs de l’environnement […]. D.W. Winnicott, 1969, p. 236.

Travailler aux limites de la subjectivité individuelle

Lorsque l’on intervient auprès d’adolescents et de leurs familles dans une pratique institutionnelle, il est assez courant d’être confronté à des situations de souffrance psychique auxquelles s’associent des facteurs externes à la situation purement individuelle des personnes accompagnées. Bien souvent, ces facteurs, tels que la précarité sociale, des configurations familiales dysfonctionnelles, des traumatismes partagés, des carences éducatives graves, des défauts de soin somatique, des souffrances d’inscription sociale, apparaissent comme des entraves à la prise en charge des facteurs psychologiques. Ainsi considérés, ces facteurs semblent parfois extérieurs au sujet rencontré, patient et soignant se retrouvant alors impuissants face à des enjeux qui dépassent leurs champs d’intervention.

Les incidences de ces cliniques traumatiques se retrouvent dans la difficulté qu’ont ces adolescents à s’intéresser à leur propre vie psychique, à développer des capacités narratives et à investir leur subjectivité comme un espace vivant recelant un potentiel mutatif. Peu enclins à observer leurs propres émotions, ayant rarement été habitués à utiliser le langage comme une forme d’expression de leurs vécus, ce sont le désespoir et la rage qui traduisent alors leurs ressentis indicibles les plus fréquents. L’existence de ces jeunes semble déterminée par les particularités de leur environnement familial et social, dont ils semblent subir les effets sans même pouvoir envisager un horizon nouveau leur permettant de devenir acteurs de leur destinée.

Pour les aider à rompre cette fatalité il va nous falloir les préserver des empiétements traumatiques quotidiens. Ce travail peut notamment s’effectuer en prenant soin directement de l’environnement familial et social, mais aussi en considérant, au sein de notre écoute du sujet, l’écologie de ses liens ainsi que les effets des incorporats issus de ses expériences avec l’ environnement.

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Plan de l’article

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