Le pousse-au-rire

L’humour détestable comme défense narcissique

Desveaux, J. (2025) . Le pousse-au-rire L’humour détestable comme défense narcissique. Le Carnet Psy, nº277(2), 33-35. https://shs.cairn.info/revue-le-carnet-psy-2025-2-page-33?lang=fr.

Dans les pratiques auprès d’adolescents souffrant de troubles limites tels qu’on les rencontre en DITEP [1], le rire est régulièrement convoqué au cœur des contenus de séance. Plus qu’une simple ponctuation, il s’invite comme un élément fort et impliquant, entre émergence émotionnelle brute spontanée et processus messager. Pour certains, le rire peut viser à détendre l’atmosphère, retirant un peu de sérieux à la situation thérapeutique ; il est alors un recours face à l’angoisse comme Alain-Noël Henri (2013) l’a souligné dans son anthologie sur l’humour [2]. Mais dans le partage qu’il convoque, il est aussi à concevoir comme émergence d’un champ analytique co-construit entre les acteurs de la rencontre (Baranger, 2009) et comme support de projections de contenus émotionnels bruts qui attendent d’être réceptionnés et transformés. Très souvent, au cœur de ces pratiques limites du soin psychique, le rire initié par les adolescents vire à la moquerie, à l’insulte ou à la provocation, le sujet riant de l’autre à défaut d’être en capacité de rire de soi. Le rire se fait alors le point d’accroche du narcissisme (le sien et celui de l’autre) et devient moqueur, blessant, humiliant. C’est cet univers que je propose d’explorer.

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